En France, l’apnée du sommeil, ou syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) touche environ 6 millions de personnes, dont un tiers ne sont pas diagnostiquées. 

Le SAHOS correspond à des interruptions (apnées) ou à des diminutions (hypopnées) du flux respiratoire pendant le sommeil, provoquées par un relâchement des muscles de la gorge. Cela rétrécit les voies aériennes supérieures, ce qui rend la respiration plus difficile, voire impossible pendant quelques secondes. 

Le niveau de gravité de ce syndrome se mesure avec l’index d’apnées-hypopnées (IAH), c’est-à-dire le nombre d’événements respiratoires par heure de sommeil  :

Degré de sévérité apnée du sommeil

Quelle est la différence entre l’apnée et l’hypopnée ? 

Lors d’une hypopnée, l’air passe encore mais difficilement (avec souvent des ronflements), tandis qu’en cas d’apnée, l’air ne passe plus et la respiration s’interrompt totalement pendant plusieurs secondes. 

Qui est concerné par l’apnée du sommeil ? 

Le SAHOS peut survenir à tout âge, mais il est plus fréquent chez les personnes âgées : 

  • 30 % des plus de 65 ans sont concernés ;

  • Les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes ;

  • Chez la femme, le risque augmente après la ménopause ;

  • Chez l’enfant, 1 à 4 % des 2 à 8 ans présentent des apnées du sommeil. 

     

Les principaux facteurs de risque 

  • Surpoids et obésité : 70% des personnes ayant un SAHOS sont en surpoids. L’infiltration graisseuse des tissus autour du pharynx favorise l’obstruction des voies aériennes supérieures au cours du sommeil ; 

  • Consommation d’alcool ou de tabac ;

  • Prise de sédatifs ;

  • Diabète. 

 

Les symptômes de l’apnée du sommeil : comment les reconnaître ? 

Les symptômes de l’apnée du sommeil peuvent être discrets au début, mais ils impactent profondément la qualité du sommeil et la vie quotidienne : 

Symptômes nocturnes : 

  • Ronflements forts et réguliers ;

  • Arrêts respiratoires observés par l’entourage ;

  • Sensation d’étouffement ou réveils en sursaut ;

  • Sommeil agité, respiration sifflante, sueurs nocturnes ;

  • Gorge sèche et soif au réveil ;

  • Besoin d’uriner la nuit (Nycturie) ;

  • Insomnies. 

 

Symptômes diurnes : 

  • Fatigue anormal malgré des nuits complètes (Asthénie) ;

  • Somnolence diurne et endormissements ;

  • Maux de tête au réveil ;

  • Troubles de la mémoire, de la concentration et de l’attention ;

  • Irritabilité, baisse de libido, et parfois dépression. 

Environ 7 personnes sur 10 atteintes d’apnée du sommeil ne sont pas diagnostiquées, alors même qu’un dépistage précoce peut éviter des complications graves. 

Quelles sont les conséquences de l’apnée du sommeil ? 

À court terme : 

  • Somnolence excessive, endormissement incontrôlable ;
  • Fragmentation du sommeil ;
  • Diminution de la vigilance et des performances cognitives ;
  • Risque accru d’accidents de la route ou accidents du travail. 
     

À long terme : 

  • Hypertension artérielle persistante ;

  • Infarctus du myocarde et insuffisance cardiaque ;

  • Troubles du rythme cardiaque (arythmie) ;

  • Accident vasculaire cérébral (AVC). 

Les études montrent également un lien entre apnée du sommeil et espérance de vie : non traitée, cette pathologie augmente significativement le risque de complications cardiovasculaires, de diabète et de mortalité prématurée. Un diagnostic et un traitement adaptés permettent en revanche de prolonger l’espérance de vie et d’améliorer durablement la santé. 

Diagnostic et traitement de l’apnée du sommeil 

Comment diagnostiquer l’apnée du sommeil ? 

Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil, réalisé soit à domicile (polygraphie ventilatoire), soit en laboratoire du sommeil (polysomnographie). 
Cet examen permet d’évaluer la fréquence et la durée des apnées, ainsi que leur impact sur la saturation en oxygène. 

Les traitements de l’apnée du sommeil 

La prise en charge de l’apnée du sommeil dépend de la gravité du trouble et de son origine. 
Les solutions les plus courantes incluent : 

Mesures hygiéno-diététiques 

  • Perte de poids et activité physique régulière ;
  • Arrêt du tabac, de l’alcool et des sédatifs le soir ;
  • Hygiène du sommeil : horaires réguliers, éviter les repas lourds avant le coucher. 
     

Traitements spécifiques 

  • PPC (Pression Positive Continue) : un appareil qui maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil, référence dans les formes sévères.
  • OAM (Orthèse d’Avancée Mandibulaire) : une gouttière dentaire qui avance légèrement la mâchoire inférieure pour faciliter le passage de l’air.
  • Traitement postural : dormir sur le côté plutôt que sur le dos.
  • Rééducation oro-maxillo-faciale : exercices musculaires pour renforcer la tonicité de la langue et du pharynx.
  • Chirurgie (en cas d’anomalies anatomiques de la sphère ORL). 

Notre formation à l’apnée du sommeil 

L’apnée du sommeil est un facteur de risque cardiovasculaire reconnu. Cardioparc a décidé d’intégrer sa détection dans ses pratiques en cabinet, en formant ses équipes à son diagnostic. 
Parmi les premiers formés figure Sandrine Paivaréférente sommeil depuis 2022, qui accompagne les infirmiers diplômés d’État (IDE) spécialisés dans le parcours patient « sommeil » chez Cardioparc. 
Ce nouveau type de diagnostic s’inscrit pleinement dans l’objectif de prise en charge globale des patients, afin d’identifier au mieux un facteur de risque cardiaque. 

La formation est assurée par l’université Paris Cité et prise en charge par SOS Médical. Elle se déroule en présentiel : 

  • 1 semaine en janvier ; 
  • 1 semaine en mars ; 
  • 1 semaine en mai. 

Chaque session comprend des cours théoriques et des exercices pratiques, suivis de 3 semaines de stage dans un centre du sommeil agréé par la SFRMS. Les stages sont organisés en fonction de la localisation, des disponibilités de remplacement et de la planification interne de Cardioparc. 

Deux évaluations : 

  • Une épreuve écrite fin juin ; 
  • Une épreuve orale fin septembre. 

Les compétences acquises 

Les IDE apprennent à analyser les polygraphies, à expliquer, éduquer les patients, les sensibiliser, ce qui permet d’anticiper le travail du cardiologue, également formé à l’apnée du sommeil. Cette complémentarité améliore l’efficacité et optimise le temps de prise en charge. 

L’impact sur la prise en charge des patients 

Grâce à cette approche intégrée de nombreux patients ont vu leur tension artérielle se stabiliser, d’autres ont constaté la disparition des symptômes liés à l’apnée du sommeil. Leur qualité de vie et leur vitalité se sont améliorées, contribuant à une meilleure santé globale et à une espérance de vie prolongée. 
 

Vous pourriez aimer aussi