On se concentre sur la consultation avec le patient. Cette pratique permet de réduire fortement les délais d’attente pour avoir un rendez-vous. « C’est l’avenir : tout le monde y va », s’enthousiasme le cardiologue Fadi Jamal, qui l’a appliqué à sa spécialité. Mais pour lui, la clé de la réussite réside aussi « dans le système numérique » adossé au concept.

« Le patient est connu avant d’arriver »

Le Dr Jamal a, en effet, commencé par lancer la plateforme IzyCardio, en 2016. Proposée à tous les cardiologues, elle comprend plusieurs outils, dont un questionnaire de préconsultation à remplir par le patient, qui permet d’évaluer le risque cardio-vasculaire, d’identifier certaines urgences et d’anticiper les examens à réaliser. « Le patient est ainsi connu avant d’arriver », explique Fadi Jamal.

L’ouverture du cabinet de consultations Cardioparc, en avril dernier à Villeurbanne, n’a été « que la prolongation physique de ce modèle, basé sur beaucoup de numérique et beaucoup d’humain », poursuit le cardiologue.

30 patients reçus par jour

Grâce à la préconsultation, le patient bénéficie d’un « rendez-vous qualifié » entre six à dix jours. En deçà, des plages sont réservées aux rendez-vous non programmés (10 % par jour). Au cabinet, quatre personnes – deux infirmières, une assistante, un technicien – gèrent les patients.

Les infirmières peuvent réaliser les électrocardiogrammes, mais le Dr Jamal mise aussi sur l’extension à d’autres délégations de tâches, comme la réalisation des échographies cardiaques. Cette organisation lui permet de recevoir jusqu’à 30 patients – « sans sacrifier la qualité », assure-t-il – contre 12 à 15 auparavant.

Après un 2e cabinet, qui doit voir le jour début 2020 « pas très loin de Lyon », le Dr Jamal vise l’ouverture d’une quarantaine de cabinets de ce type en France d’ici à 2023. Si ce premier cabinet pilote a ouvert à proximité de la clinique du Parc, c’était pour garantir une image de « sécurité ».

Les autres ont vocation à s’installer en périphérie de villes, dans des locaux moins chers, si possible en liaison avec des maisons de santé, et d’accès facile pour les patients. « Quand on sait que des patients viennent de Bourgoin (Isère) où il y a six mois d’attente et même de Lons-le-Saunier (Jura) où il y a 9 mois d’attente, il y a de quoi faire un modèle attractif », estime le Dr Jamal.

Côté recrutement, le cardiologue espère répondre aux attentes de ses jeunes confrères en leur proposant un emploi salarié à 35/40 heures par semaine, mais pouvant évoluer grâce à l’actionnariat.

Lire l’article

Vous pourriez aimer aussi