Contexte de la désertification médicale en France

En France, la pénurie de médecins spécialistes touche particulièrement la cardiologie. Le diagnostic précoce et le suivi des pathologies cardiaques comme la cardiopathie ischémique ou l’insuffisance cardiaque reposent sur un accès rapide à un cardiologue et à des examens adaptés. 

Or, dans de nombreuses régions rurales, les déserts médicaux entraînent des délais de rendez-vous trop longs, un manque de structures spécialisées et, in fine, une hausse du risque de complications cardiovasculaires et de mortalité. 

Nom de l’étude : The crucial role of advanced practice nurses in team-based outpatient cardiology care

Objectif de l’étude :

L’enjeu est donc d’évaluer l’efficacité d’un modèle innovant d’organisation des soins cardiovasculaires, reposant sur le travail en équipe et la délégation de certaines tâches supervisées par un cardiologue. L’étude analyse son impact sur l’accès aux soins en zone rurale, son efficience en temps médical, et la satisfaction des patients. 

Une nouvelle organisation centrée sur la délégation des tâches 

Composition de l’équipe 

Ce modèle repose sur une équipe aux expertises complémentaires : 

  • une assistante médicale et/ou secrétaire médicale
  • un infirmier diplômée d’État,
  • un infirmier échographiste,
  • un infirmier en pratique avancée (IPA),
  • et un cardiologue 

Cette organisation permet de mieux répartir les compétences et d’optimiser la prise en charge cardiovasculaire en milieu rural. 

Parcours patient optimisé 

Lorsqu’un patient est adressé à Cardioparc lors de l’étude : 

  1. Il est d’abord reçu par un infirmier en pratique avancée (IPA) qui réalise l’anamnèse, un examen clinique et un ECG.
  2. L’IPA définit le parcours de soins et prescrit, si besoin, les examens complémentaires (imagerie, biologie, ETT).
  3. Une demande d’avis au cardiologue est effectuée pour analyser l’ECG et réajuster le suivi si nécessaire.
  4. Après réalisation des examens, le patient bénéficie d’une consultation de synthèse avec le cardiologue.

Le cardiologue dispose alors de toutes les données pour se concentrer sur son expertise : diagnostic, traitement, prévention cardiovasculaire. 
Un compte rendu complet est systématiquement envoyé au médecin traitant via une messagerie sécurisée. 

Résultats obtenus sur 18 mois (juin 2023 – décembre 2024) 

Les chiffres clés 

  • 3 366 patients ont été pris en charge 
  • Seulement 130 jours de présence cardiologique (équivalent 0,45 ETP)
  • Un Access to Care Index (ACI) de 25,9 : chaque jour de présence cardiologique a permis la prise en charge complète de 26 nouveaux patients
  • Par extrapolation, 1 ETP cardiologue dans ce modèle pourrait suivre 4 700 nouveaux patients/an, contre 1 700 en moyenne dans un cabinet libéral classique

Satisfaction des patients 

Les retours sont excellents : 

  • 4,75/5 de satisfaction moyenne
  • 2 448 réponses collectées via questionnaire post-consultation

Ces résultats confirment que ce modèle améliore à la fois l’efficience médicale et l’expérience patient, tout en réduisant les inégalités d’accès aux soins. 

Conclusion : une réponse concrète à la désertification médicale 

Cette étude a été retenue pour être présentée à au congrès de l’ACNAP 2026 (Association of Cardiovascular Nursing & Allied Professsions). 

Dans un contexte de forte incitation législative à agir contre les déserts médicaux, cette étude apporte une réponse concrète, mesurable et reproductible.   

Elle montre qu’un modèle structuré de collaboration entre professionnels de santé permet non seulement d’améliorer significativement l’accès aux soins, mais aussi d’optimiser le temps médical disponible, tout en offrant une solution pertinente et efficace face à la désertification médicale, notamment dans les zones à faible densité de spécialistes. 

 

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